C’est avec joie que j’ai pu me rendre Jeudi 19 Novembre au Paris FX pour assister a l’ensemble des conférences. La bonne occasion de vous en faire une petite review et ainsi vous en faire profiter un peu aussi. Bilan donc sur cet évènement se déroulant au très chic espace Cardin réservé aux gens du milieu…
Réservé au gens du milieu oui et non. Soyons clairs, même si n’importe qui peut acheter sa place, les conférences étaient clairement orientées pro. On y entendait des mots comme camera mapping, shaders, specular… Néophytes s’abstenir. Pour les autres, c’était un vrai régal ! On a commencé par Greg Butler de chez Moving Pictures Company qui était venu nous présenter le travail de son équipe sur G.I. Joe (qui est un mauvais film, c’est pas moi qui le dit mais lui !). Malheureusement, son Mac a fait des siennes (Comme quoi) et il a donc été recalé à la fin. Pour autant il a pu nous faire un petit teaser de sa présentation et on retiendra ses précieux conseils « Never let any blank in the screen ». Pour G.I. Joe, ca a été un travail de Aout 2008 a Juin 2009, 95 Millions de polys pour la base Cobra et plus de 100 artistes sur le projet. Le studio a essentiellement bossé sur Maya et a orienté toute sa pré-production sur « how to reproduce the underwater lights effects » a savoir comment reproduire la lumière sous-marine (oui la conférence était en anglais). Pour résumer, on a tous très bien compris que G.I. Joe n’est pas un bon film mais malgré cela, le travail visuel réalisé reste impressionnant, malgré les explosions un peu partout pour masquer parfois le manque de finesse dans la réalisation. Greg Butler dit lui même « We’ve worked on more successfull films but I don’t regret this one ». Honnête. Si vous êtes intéressés d’ailleurs, MPC recrute activement a Vancouver et Londres. Sachez tout de même que cette boite est orientée très « professionnelle » et que votre CV a intérêt à suivre…
La seconde conférence, et dernière dont nous parlerons en détail, était axé sur le film Splice qui sortira en Fevrier 2010 sur lequel trois studios ont collaboré dont deux français ! Pour commencer, Jeff Bourrel de Chez Eddy nous a montré le travail de son studio et surtout leur premier pas dans le long métrage. Un premier pas, je dois dire, extrêmement réussi. En effet, ils ont réalisé le générique de Splice très riche en effets visuels et en particules. Utilisant uniquement des textures procédurales, des effets de displacements et quelques polygones. Le résultat était très impressionnant surtout en terme d’ambiance. On ne va pas en dire plus puisque nous ne pouvons dévoiler aucun élément direct du film mais ce générique arrive à poser l’ambiance très rapidement et le visuel n’est pas trop chargé, ce qui est une vraie force. Rodolphe Chabrier est ensuite venu nous parler de son travail chez Mac Guff (toujours pour le projet Splice), autre boite française avec une ambiance toute aussi « jeune ». La présentation était sans doute la plus réussie. Beaucoup d’images, beaucoup de vidéos, une explication qui rentre dans les détails pratiques. Vraiment rien a redire. Mac Guff a travaillé avec Maya pour l’animation et ZBrush (le fantastique) pour la modélisation et les textures. Le résultat et l’intégration étaient vraiment très impressionnants. On sentait également un grand respect du réalisateur et du travail d’équipe et on voit que ça a payé ! Les effets de lumières ont également du être retravaillés pour coller avec la photographie (avec un global rendering et du HdR entre autres). Rodolphe a terminé en parlant de l’expérience humaine derrière les machines, le travail d’équipe et parfois même entre les studios.
On termine enfin la présentation trilogique de Splice par les effets visuels de C.O.R.E. Digital Pictures. Un studio cette fois américain qui a essentiellement travaillé sur le coté adulte et adolescent de la créature. Un travail essentiellement de capture et d’intégration. Une actrice française a d’ailleurs été engagée pour la motion capture. On a vu un gros travail sur le repositionnement des yeux, les visages, les animations faciales et globales. Encore une fois très réussi. Nous sommes d’autant plus admiratifs vu la quantité de scène réalisées. Le travail a été réalisé en grande partie sur Houdini (on approuve) Image Metrics (pour la capture) et Pixar’s Renderman pour le rendu. Pour résumer on attend février pour voir l’intégralité du film mais autant en terme visuels que de mise en scène ça s’annonce plus que réussi. Enfin pour finir, nous avons pu voir l’introduction du jeu RUSE d’Ubisoft ainsi que tout le travail de motion capture réalisé dessus. Nous ne nous étendrons pas dessus puisque le jeu aura le droit a un test approfondi lors de sa sortie.
Pour conclure, on dira simplement que le niveau de cette année été réellement impressionnant. Autant sur le casting des invités que sur les prestations et la réalisation. Ce n’est pas encore le Siggraph mais cette conférence française risque bien de s’imposer au fil des années et devenir le rendez-vous incontournable pour tous les professionnels. Nous y serons l’année prochaine si tout va bien !





