Beaucoup de bruits ont accompagné la sortie du jeu d’Electronics Arts, Dante’s Inferno, notamment à cause des vidéos du jeu, ainsi que des publicités, parfois choquantes, montrées au grand public. Jeu attendu par certains, critiqué par d’autres, l’idée de développer en jeu vidéo la ‘Divine Comédie’ du poète italien Dante était plus qu’osée. Les gars de Vigil Games ont-ils réussi leur pari ?
Ce test a été réalisé sur Xbox 360
Si le jeu s’inspire en grande partie de la Divine Comédie, écrite en 1321 par le poète Dante, il s’en égare parfois. En effet, dans le jeu, Dante doit aller sauver sa femme Béatrice en Enfer, alors que dans le livre, Béatrice n’est qu’une courtisane dont Dante est tombé amoureux. Outre ces petits détails, on retrouve beaucoup d’éléments s’inspirant du livre. On y retrouve donc les Neufs Cercles de l’Enfer, ainsi que le guide de Dante en ces lieux, Virgil. A chaque mort, on retrouve pendant les temps de chargement des citations du livre. Le jeu reste donc fidèle à l’œuvre de Dante, malgré quelques écarts. Côté scénario, on retrouve donc le héros Dante, guerrier pendant les croisades, qui doit aller sauver sa femme, prise par Lucifer en personne et emmenée en Enfer. Il devra donc faire face à son passé et ses actions antérieures, afin de reconquérir le coeur de sa bien aimée. Il devra parcourir un long périple parsemé d’embûches et d’ennemis tous plus redoutables. Le pari de Vigil Games de faire un jeu violent et crade est parfaitement réussi. Le jeu déborde d’hémoglobine, de démembrements en tout genre et d’ennemis tous plus répugnants les uns que les autres (je pense notemment au combat contre Cerbere, monstre totalement immonde). Le jeu ne se contente pas d’être violent, il y a aussi un caractère sexuel assez poussé. On peut y voir les seins de Béatrice à plusieurs reprises, et le point de départ du scénario est un adultère. Le jeu est donc réservé à un public mature. On comprend pourquoi il a été interdit dans plusieurs pays.
Certains ont déclaré que Dante’s Inferno n’est qu’une pâle copie de God Of War. En effet, il est inutile de le nier, car la ressemblance est frappante. Le jeu enchaîne les phases de Beat’Em All dans lesquelles les ennemis sont de plus en plus nombreux, et les phases de plateforme, parfois pas évidentes. Le héros est partiellement gringalet, répétant à longueur de temps la même phrase, et bénéficiant d’un double saut totalement ridicule. En ce qui concerne les combats, ces derniers sont plutôt dynamiques et les combos sont riches et frénétiques. Vous devrez utiliser la faux, ainsi que la croix (servant d’arme contre les ennemis à distance). Les combats contre les boss (assez impressionnants, je dois le dire) sont faciles et courts. On reste donc un peu sur notre faim. Pour venir à bout des boss, il vous faudra réaliser des QTE (Quick Time Events), c’est-à-dire que vous devrez appuyer sur le bouton s’affichant à l’écran durant un laps de temps. Ces QTE permettent donc de varier l’action. Cependant, ces Quick Times Events ne sont pas utilisés seulement en combat ; vous pourrez en rencontrer pour ouvrir des portes, par exemple. Honnêtement, appuyer sur le même bouton une quinzaine de fois pour ouvrir une simple porte, c’est ridicule. Comme quoi, il ne faut pas abuser des QTE. La caméra reste centrée sur le personnage, et il est impossible de la diriger soi même, mais ce n’est pas du tout un problème, puisque cette dernière est au coeur de l’action et renforce encore plus le dynamisme.
Si Dante possède des coups de base, il est possible d’en apprendre de nouveaux… moyennant quelques âmes. Lors de votre voyage, vous trouverez des morts connus de l’antiquité ou autre (comme par exemple Ponce Pilate) et un choix s’imposera à vous. Vous pourrez décider de le punir afin de l’envoyer dans les profondeurs de l’Enfer pour l’éternité, ou bien de l’absoudre et le renvoyer au paradis. Si vous choisissez d’absoudre les âmes, vous devrez réaliser un mini jeu, en appuyant sur le bouton correspondant au bon moment (QTE, quand tu nous tiens). Cependant, vous gagnerez des âmes, peu importe l’action que vous choisirez. Vous aurez deux voies pour dépenser vos âmes : la voie dite “Impie” vous permettra d’améliorer les attaques de la faux, et la voie “Sacrée” celles de la croix. Dante dispose aussi de magie ; vous apprendrez de nouveaux sorts le long de l’aventure. Les âmes vous permettront aussi d’augmenter la puissance de la magie. Un arbre de compétences est mis à votre disposition, et plus vous récolterez d’âmes, plus vous pourrez vous procurer les coups et magies les plus puissantes (logique, me direz-vous). Il est bon de noter que vous pourrez aussi Punir ou Absoudre chaque ennemi qui se dressera sur votre chemin (excepté les boss), et vous gagnerez un peu d’âmes.
En ce qui concerne l’ambiance du jeu, rien à redire. Cette dernière est angoissante, et on prend un réel plaisir à parcourir les différents lieux de l’Enfer. Les cris des âmes mortes résonnent à longueur de temps, renforçant encore plus la lourde atmosphère. Les décors sombres et l’excellente bande son ne peuvent être que saluées. Mention spéciale également aux cinématiques, que je trouve absolument sublimes. On appréciera le soucis du détail. Les plus téméraires pourront passer des heures à collecter les âmes perdues en Enfer, les reliques et autres fontaines de vie et de magie. Dante’s Inferno possède un univers riche et complet, ne nous laissant pas sur notre faim.
Dante’s Inferno reprend beaucoup d’éléments de gameplay de God of War, mais rajoute aussi ses propres particularités. Cependant, la difficulté parfois (trop) élevée rebutera plusieurs joueurs, et la répétitivité de certaines actions (ouvrir une porte en martelant son bouton) peuvent nuire au jeu. En revanche, Dante’s Inferno s’appuie sur de solides bases et reste un bon jeu, notamment pour se défouler après une dure journée.
Score: 









